lunes, agosto 07, 2017

Atomicus Photographicus

 
Par: Ivana Jiménez 


-Wally Kelly
 Certains la considèrent une oeuvre d’art et d’ailleurs elle expose le visage d’un artiste qui est tout sauf méconnu: Salvador Dalí. En collaboration avec l’artiste, le photographe américain Philippe Halsman capture en 1948 une scène qui va au-delà de l’imagination. Connue sous le nom de “Dalí Atomicus”, inspirée par la peinture Leda Atomica, la photo n’est pas tout à fait évidente. Une chaise en l’air, des chats noirs qui nagent dans un jet d’eau, tout cela pendant que Dalí avec un grand sourire se trouve face à ses peintures le pinceau à la main, et bien sûr pour ne pas être mis en marge, il se trouve qu’il flotte dans l’air aussi.

Dalí Atomicus
 Grâce à des fils très fins, les différents éléments furent suspendus du plafond, l’équipe d’assistants comptait sa secrétaire, sa femme et sa fille: et oui, il faut plus d’une personne pour jeter l’eau, balancer les chats et éventuellement prendre la photo. Vous l’avez bien compris, sans coordination ça aurait été tout sauf facile. Effectivement la photo parfaite a été réussite 26 prises plus tard ! Pour le photographe c’était l’apogée de son travail, mais l’artiste en question jugeait qu’il lui manquait quelque chose: si vous avez l’opportunité de voir la version originale, en physique, je vous invite à essayer de trouver l’élément que Dalí a rajouté avec de la peinture quelques instants avant qu’elle soit publié par Life Magazine, je vous préviens vous y passerez du temps.


 On dit toujours que la première rencontre est la plus importante et surtout la première impression est celle qui va définir l’avenir. Pour cette photo, on a voulu dire que c’était un montage, que c’était impossible d’avoir tant d’éléments en synchronie dans un même cadre. Plusieurs experts, un peu sceptiques ont essayer de démontrer que ce n’était qu’une simple superposition de différentes photos qui ont permis d’avoir cette scène d’euphorie, notamment en s’appuyant sur le fait que plusieurs objets de la photo n’ont pas d’ombre ou ne correspondent pas à la lumière de la salle. Pour ceux qui se posent la question, non ce n’est pas du photoshop, mais j’avoue que vue la courbe que suit le jet d’eau avec les chats, le mot “invraisemblable” résume bien cette photo. Ou peut être c’est une véritable expression du surréalisme dans son plus gran splendeur.


 Si Halsman aurait pris cette photo aujourd’hui il aurait suffit d’avoir un portable, quelques filtres  et deux heures sur l’ordinateur pour pouvoir recréer cette merveilleuse scène. Mais, s’il y a quelque chose que la technologie n’arrive pas à concevoir c’est la complexité de l’éphémère. La spontanéité perd sa place dans l’art et même dans un contexte où les ordinateurs et les logiciels deviennent de plus en plus utiles, vouloir atteindre la perfection suite à de nombreux traitements ne fait que remettre en cause la beauté de l’art.

 “Il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien ; tout ce qui est utile est laid” disait un certain Théophile Gautier. 


 Ne jamais accepter ce qui semble évident. Surtout faire ce qu’on aime.
 
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